avril 7, 2022

On sait que la modération garantit la liberté d'expression et qu'elle protège les espaces des attaques de pages, des incursions de trolls et de la haine en ligne... Mais en période électorale, d'autres enjeux liés à la politique se greffent aux tâches quotidiennes effectuées par les modérateurs dans les espaces de commentaires des comptes sociaux de médias, d'institutions... Et même des entreprises ! Plongez avec nous dans un week-end électoral sur les réseaux sociaux du point de vue des modérateurs.
 

 
C'est LE temps fort de la vie citoyenne... Et de l'expression sur les réseaux sociaux. A l'instar des Jeux Olympiques ou du Mondial de football pour les diffuseurs et fabricants de téléviseurs, l'élection présidentielle représente à la fois un enjeu très fort, un pic d'activité... Et l'occasion de mettre au point des nouveautés technologiques, comme notre plateforme Lokus lancée il y a six mois dans cette perspective. Mais ce n'est pas que ça  et comme nous avions l'occasion de le rappeler lors d'une conférence au Social Media Club France en décembre, le chemin pour en arriver là fut long.

 

Des enjeux particuliers

Fake news et désinformation, manipulations, campagnes massives de déstabilisation... Les incursions désagréables pour le reste des internautes fleurissent en période de campagne électorale ; et bien évidemment, c'est encore pire dans le sprint final.

Ainsi, pour commencer, comment ne pas penser aux entreprises qui font l'actualité malgré elles et voient, jusqu'aux derniers instants avant le vote, leurs mésaventures récupérées ou mises au pilori par les candidats ? Les exemples ne manquent pas : un scandale sanitaire, un rappel massif de produits, une difficulté temporaire... Et c'est la double peine pour une compagnie déjà situation de gestion de crise. Ne parlons même pas des entreprises sous le feu des critiques pour leur présence en Russie en pleine guerre en Ukraine.

Et si nos services de veille ont l'habitude de gérer ces situations, il en est de même pour nos modérateurs, systématiquement en première ligne. A eux d'éponger les commentaires arrivant sur la page d'une marque. Et, souvent, d'y répondre et assurer le community management conversationnel.
 

Des obligations légales bien précises

Arrêter les trolls, d'accord. Eviter les attaques de page, très bien. Protéger nos clients annonceurs pris sous le feu de l'actualité politique, c'est noté. Mais du côté des médias et des pages institutionnelles sur les réseaux sociaux, y a-t-il des règles plus précises à observer juste avant les élections ?
 
La réponse ne va pas vous surprendre : oui.
 
A partir du vendredi soir, les modérateurs devront faire appliquer les règles en vigueur, en s'appuyant notamment sur :

En résumé :
 

Et forcément... Une modération plus intense.

Qui dit élections dit réactions, commentaires, pronostics... Puis à nouveau réactions, commentaires et pronostics pour le mandat à venir, le tour suivant ou l'élection suivante à l'annonce des résultats. Pour être plus clair, il faut s'attendre à beaucoup de commentaires, partout, tout le temps. Et surtout en soirée.

Si la période de campagne électorale représente une hausse de près de 40% des conversations à modérer sur les différents espaces pour une entreprise comme la nôtre, la journée du vote peut encore doubler, voire tripler ce volume selon la nature des candidats, la possible surprise induite par les résultats ou encore les événements liés aux réactions des candidats eux-mêmes. Notre équipe ne risque pas de se coucher tôt dimanche soir.

Et puisque les médias sociaux permettent à chacun d'y trouver leur compte, on a un bon plan pour vous si vous voulez éviter la routine électorale :

👉 Venez suivre les résultats sur la chaîne Twitch de franceinfo avec Clément Viktorovitch, Olivia Leray, Manon Mella, Jules de Kiss... Et nos équipes à la modération du tchat 😉

Qui a dit que les jeunes ne s'intéressaient plus à la politique ? Que les réseaux sociaux ne permettaient pas de développer des conversations sereines et construites ? Si 2020 a vu naître la crise sanitaire, elle a aussi accouché de mouvements politiques sans précédent sur TikTok (Demandez à Donald Trump) ou de nouvelles formes de mobilisation. Et Twitch dans tout ça ? Vidéos en streaming, conversations et audiences de choix... Le réseau dont tout le monde parle en ce moment n'a pas attendu ces dernières semaines pour héberger de la politique. Chronologie d'une histoire passionnée.

Ces derniers jours, on a beaucoup entendu sur Twitch, Twitter ou dans les médias traditionnels que la politique faisait irruption sur la plateforme. Après les deux épisodes de Samuel Etienne avec François Hollande puis Jean Castex, beaucoup de viewers (spectateurs) ont regretté cette invasion de politique sur un réseau social résolument tourné vers le gaming et plutôt épargné par ces sujets. Twitch, aux yeux de certains, serait resté un "refuge" vierge de toute récupération ou discussion politique... On peut le saluer ou le déplorer mais, de toute évidence, Twitch a développé depuis longtemps un côté très politique. Et très intéressant en la matière, avec des approches tantôt classiques, tantôt inédites.

Des streamers historiquement mobilisés

Tout commence par là : les streamers sont-ils de "simples" observateurs d'e-sport et de gaming neutres dans leurs opinions politiques ? De toute évidence, non. Et la section Discussion / Just Chatting n'a rien non plus d'une sorte de ghetto des conversations, avec des thématiques exotiques relayées au second plan. Non, l'ensemble est complètement intégré. Parmi les stars du Twitch français (et même francophone), on retrouve des figures relativement neutres, abordant quelques sujets de société ou d'actualité. C'est le cas de Domingo, dont l'émission Popcorn cartonne tous les mardis soirs, ou de Sardoche. Et à côté, on trouve aussi des streamers reconnus comme Usul qui, avant même son arrivée sur Twitch, mêlait jeu vidéo et politique de manière totalement naturelle.

Usul, d'ailleurs, a fait partie des fondateurs du "recondustream", ce stream reconductible lancé en soutien au mouvement de grève contre la réforme des retraites entre décembre 2019 et janvier 2020. La cagnotte associée avait permis de lever 110 000€ destinés à renflouer les caisses de grèves. Utiliser du streaming de jeu vidéo pour servir une cause politique ? C'était clairement l'idée... Et c'est bien Twitch qui l'a rendue possible.

Ce qui, actuellement, bouleverse davantage les communautés sur Twitch, c'est peut-être l'irruption des personnalités politiques en représentation. Là encore, est-ce si nouveau ?

Des personnalités politiques de plus en plus nombreuses

Directement ou par l'intermédiaire d'un streamer, on a vu les politiques se succéder sur Twitch ces trois dernières années... Déjà. parfois sans aucun égard particulier pour la communauté Twitch, comme Donald Trump, ou en essayant de mimer certains codes comme Jean-Luc Mélenchon, beaucoup se sont prêtés au jeu... Sans passer par le jeu vidéo.

Vous vous souvenez du Grand Débat National consécutif au pic de mobilisation des Gilets Jaunes, en 2019 ? L'exécutif avait déjà investi la plateforme pour faciliter les interactions avec les jeunes et le journal 20 Minutes se demandait déjà "Qu'est-ce que c'est, Twitch ?". Les Gilets Jaunes, en parallèle, avaient reçu du soutien directement depuis la plateforme, souvent timidement, en quelques commentaires de jeux en ligne... ou étaient suivis par les premiers médias sur le réseau, à l'instar du Figaro.

Et depuis ?

Depuis, beaucoup d'initiatives ont vu le jour bien évidemment. Comment ne pas revenir sur l'épisode de "La Rencontre est Tienne" de Samuel Etienne avec Jean Castex, qui a déchaîné les passions et déclenché en partie ce billet ? Plus confidentiel mais beaucoup plus annonciateur, revenons sur le format clairement innovant mis en place par l'équipe de Châteauroux Citoyen pour la campagne des Municipales 2020. Jeu sérieux, commentaires de fond : il ne manquait plus que les... Conversations en ligne, en tout cas un chat consultable a posteriori et qui aurait pu contribuer à une transparence et un échange citoyen dans le temps. Nous y voyons, tout de même, un signal annonciateur de ce qui animera les élections présidentielles et, avant cela, les élections régionales.

Car oui, après une année 2019 très engagée politiquement et une année 2020 marquée par la crise sanitaire et le numérique comme unique lien social stable, en 2021 :

    • Il n'est plus possible de ne pas respecter les mots "réseau" et "social" en tenant les communautés à l'écart du débat et de la contribution aux échanges ;

 

  • Les conversations s'avèrent réellement centrales dans les formats et les partages d'informations. Sur Twitch, le chat intégralement partie de la vidéo, transformant la communauté en un flux d'éditorialistes en temps réel.

 

Avec de forts enjeux d'e-réputation ?

Comment, quand on est politique, ne pas céder aux sirènes d'un nouveau média permettant de rafraîchir son image tout en s'adressant à un public jeune et pas nécessairement ancré politiquement ? Difficile mais, ici, risqué... Car pour ne pas laisser des plumes sur Twitch, il faut être prêt à laisser de côté les éléments de langage policés, au risque de perdre durablement en crédibilité... Et en e-réputation. Pour autant, le jeu en vaut certainement la chandelle pour qui appréhendera correctement le format. Et le contenu.

D'ici au prochain scrutin, il y aura donc de nombreuses nouvelles formules sur Twitch de la part d'équipes plus ou moins à l'aise avec cet exercice de transparence. Et on aura même de plus petits partis potentiellement financés par les cagnottes de chaînes Twitch en ligne. On ouvre les paris ?

Et toujours plus de commentateurs politiques

C'est simple : si la politique n'intéressait personne sur Twitch, on n'aurait pas Usul, Matheusz en Belgique ou, surtout, Jean Massiet à ce niveau de popularité. taulier d'Accropolis, chaîne pionnière du genre et seul canal apte à recevoir les questions du "débathlon" de 2019 évoqué plus haut, il représente bien le véritable tournant instauré par Twitch, à savoir la discussion commune autour de sujets politiques, où le streamer se veut médiateur entre le fait politique et les réactions ou interrogations de la communauté.

C'est dans ce créneau, également, que Samuel Etienne évolue lorsqu'il invite François Hollande ou Jean Castex, avec les succès (et parfois les frustrations) que l'on connaît. Dès lors, le Premier ministre en exercice peut-il se sortir indemne de l'exercice ? "FC Langue de bois", répondra quasi-unanimement le chat. En direct. Au vu de tous les modérateurs, puis des spectateurs.

Un régal de mise en abîme s'installe donc ici pour les observateurs politiques sur Twitch, qui peuvent tout à la fois :

  • Commenter les interventions politiques sur Twitch ;
  • Analyser les réactions en direct du chat de l'intervention politique ;
  • S'appuyer sur les réactions de leur propre chat.

 

Ca va loin. Mais au final, n'est-ce pas plus transparent et démocratique que de laisser des éditorialistes commenter des sondages issus du même matraquage médiatique auquel ils ont préalablement participé ? Chacun pourra se faire son idée. Et ça tombe bien car se faire son idée, c'est bien ce que l'on attend du rôle politique de Twitch en plein essor 🙂

 

Steve, avec l'aide précieuse de Valentin

Byte décolle. Crédité d'1,3 million d'utilisateurs en mars, le réseau social de vidéos courtes a dépassé les 600 000 téléchargements de son application en une journée, il y a quelques jours. Lancée par le créateur de Vine, l'appli Byte capitalise sur un TikTok mis à mal aux Etats-Unis pour récupérer des inscriptions... Mais peut-elle tenir la distance et s'imposer dans la durée là où Vine avait reculé ? On se penche sur la question.

 

byte analyse atchik vs tiktok boomerang roposo
 

C'est l'histoire de Byte, un nom qui emprunte aux bits à l'origine de l'informatique. Un nom qui évoque ByteDance, la maison-mère de TikTok... Qui a lui-même calqué son positionnement sur Vine, fondé par... Les créateurs de l'appli Byte.

Si le web social était une série Netflix, les formats vidéos courts pour réseaux sociaux camperaient des personnages revanchards et intrépides à la psychologie complexe. Dès les premiers épisodes de la saison 1, on apprendrait que la jeune appli Byte va marcher sur les traces de son oncle Vine, fier précurseur du fun en vidéo sur les réseaux sociaux. Celui-ci, en disparaissant, aurait préparé sa succession dans le monde du Social Media. Ajoutons Boomerang (le cousin sympa) et le gif animé (le grand-père qui ne vieillit jamais) pour faire monter la sauce et lancer la saison suivante.

La saison 2, en cours de diffusion, mettrait en scène Lasso (le personnage qui meurt à la fin de la 1ère saison), Reels (le second couteau appelé à venger Lasso et à devenir central vers la saison 3), Roposo (le rival indien prêt à se faire une place) pour mettre la pression sur les deux personnages principaux, TikTok et Byte.

Bref, présenter l'appli Byte et son environnement, c'est déjà montrer le niveau de concurrence sur ce créneau et sa position-clé dans le paysage actuel des réseaux sociaux.

 

Byte, appli culte en puissance ou succès d'une saison ?

Tout est parti d'un constat : en une journée, Byte a dépassé les 600 000 téléchargements alors même que l'appli n'est pas disponible en Inde, jusqu'ici premier marché mondial de TikTok. Une hausse fulgurante pour l'appli lancée en janvier et qui, selon nos observations régulières depuis, stagnait quelque peu.

En juillet, nouveau rebondissement dans le scénario : la pression sur TikTok aux USA aurait, selon Presse-Citron, incité les utilisateurs à se rabattre sur l'appli Byte. Les propos de Mike Pompeo visant à mettre la pression sur la Chine auraient en effet eu le même effet que l'interdiction de TikTok en Inde, qui a de son côté permis au concurrent Roposo de décoller... A hauteur de 500 000 téléchargement PAR HEURE.

Or une autre explication existe et, si elle ne remplace pas totalement cette raison, vient certainement la compléter. Ainsi, après le coup d'éclat de l'Alt TikTok ayant torpillé un meeting de Donald Trump, l'heure du repli à couvert pourrait avoir sonné... Avec un rendez-vous donné sur Byte. C'est en tout cas l'explication (étayée) avancée par Buzzfeed News pour commenter l'actuelle transhumance d'un réseau social à l'autre.

Quelle que soit la raison, la véritable question demeure : ce mouvement est-il appelé à durer ? A s'amplifier ? A créer une guerre de tranchées entre plateformes de vidéos courtes ?

 

distracted boyfriend byte tiktok zoomers atchik
 

L'enjeu de Byte : s'affranchir du destin de Vine

Byte part avec un avantage et un inconvénient qui, tous deux, tiennent dans la même donnée : l'historique de Vine.

En effet :précurseur en son temps, agitateur de fun sur Internet, Vine accompagna fidèlement les tweets du début des années 2010. A cette époque, le service de vidéos de six secondes- racheté par Twitter - a bel et bien possédé cette recette du succès... Puis Vine s'est arrêté en 2016. Pourquoi ? La raison n'a pas été clairement donnée, bien entendu, mais il semble assez clair que l'application, qui avait évolué en véritable réseau social, faisait face à des vents trop contraires :

  • La montée en puissance d'Instagram comme réseau social visuel,
  • L'ascension fulgurante de Snapchat, beaucoup plus fun,
  • La fin d'un effet de mode favorable, rendant Vine un peu désuet.

Byte peut-il s'affranchir de cette même logique ? Si le sort de Snapchat paraît en ce moment assez incertain, celui de Byte va devoir emprunter un nouveau chemin pour que l'appli s'installe pour de bon. Il serait intéressant de voir la plateforme prendre une revanche pour son aîné Vine mais concrètement, les utilisateurs attendent des fonctionnalités nouvelles, du fun... Bref, de l'intérêt. A l'heure des filtres et du play-back généralisé, il va falloir avancer de sérieux arguments. Pour MJ Widomska de YRS TRULY, TikTok offre déjà trop de fonctionnalités à une masse trop critique d'utilisateurs pour être rattrapé par ses concurrents. A moins que le réseau social chinois ne soit banni aux Etats-Unis, ce qui rebattrait considérablement les cartes.

La clé du succès de Byte ? L'écoute, comme d'habitude

Il n'y a pas de raison que les médias sociaux échappent à la règle, c'est par la veille régulière et l'écoute que l'on s'assure de la cohérence de son offre avec les réelles attentes de ses audiences. Il semblerait que Byte ait bien compris l'intérêt de cette écoute et, mieux encore, de la communication qui en découle :

Si le sort de Byte dépend en partie des bonnes ou mauvaises fortunes de TikTok dans les prochaines semaines, force est de constater que le petit réseau qui monte a tiré les leçons du passé et s'applique à satisfaire au maximum ses utilisateurs. A suivre et, surtout, à ne pas négliger pour s'adresser à la GenZ... Voire à la génération Y juste au-dessus. Si les Millenials adoptent Byte, il y a fort à parier que le destin basculera définitivement en sa faveur. Et que Vine tiendra sa revanche. Voilà une série qui pourrait se transformer en saga de plusieurs saisons 🎬

 

Steve

juillet 15, 2020

TikTok n'en finit pas de monter et de diversifier ses usages. Après les vidéos de danse des origines, qui marquent l'identité du réseau social, c'est au tour des institutions, des marques, des médias et même des politiques de se mettre au média social à la sauce ByteDance. Et qui dit popularisation dit... Intérêt à assurer une veille dessus, forcément. Possible, pas possible ? On a testé pour vous et... On vous dit tout !

illustration courbe analyse écoute social listening veille tik tok e-réputation

Edit 16/07 : Ajout de la solution offerte par Visibrain, qui propose dès aujourd'hui un module Tik Tok.

De Jean-Luc Mélenchon à n'importe quelle figure de la télé-réalité en passant par Le Monde, de plus en plus de comptes éloignés du mini-clip de danse se lancent sur TikTok. Et même lorsque le compte n'existe pas, le sujet, lui, est spontanément porté par les utilisateurs. C'est le cas pour une marque comme Bjorg, pour un bar comme "Chez Tonton" à Toulouse ou pour des partis, des représentants politiques... En clair, Tik Tok revêt désormais de forts enjeux d'e-réputation.

Tiktok chez tonton tik tok post vidéo

 

TikTok, une plateforme engagée et influente en e-réputation

Plus aucun doute, cela fait bien longtemps que TikTok abrite bien plus que des contenus tout à fait neutres et uniquement tournés vers le divertissement. Si la censure chinoise a tout de suite marqué les orientations politiques du réseau, force est de constater que les mouvements sociaux, les mobilisations et les opinions politiques peuvent circuler. Sinon, nous n'aurions pas pu évoquer Jean-Luc Mélenchon en début d'article, par exemple.

Mais ce n'est pas tout : si un meme comme "la question elle est vite répondue" ou n'importe quel challenge à la mode trouvent leur place sur Tik Tok, les chants de ralliements lors des manifestations des Gilets Jaunes avaient su donner une teinte particulière, fin 2018 déjà, au réseau social.

 

@emiliemrn_____ ♬ Gilet jaune - Tik Toker


De Black Lives Matter à divers combats alternatifs, il y a largement de quoi faire sur TikTok. Et si l'on ajoute les plaintes de consommateurs, les avis clients ou les commentaires sociétaux en tout genre, il y a là un véritable terrain d'exploration pour y mener... de la veille. Mais comment assurer ces fameuses tâches de "social media monitoring" ou "social listening" sur un terrain si neuf et a priori pas conçu pour le web au départ ? Instagram s'est ouvert, Snapchat reste délicat mais pour TikTok... Il y a une petite ouverture 😏

 

Comment réussir une veille sur Tik Tok ?

Regardons tout d'abord ce qu'il est possible de faire et, finalement, nous verrons que quelques possibilités, même fragiles, existent !

Commençons avec la recherche la plus simple et intuitive qui fait tourner les médias sociaux... Le dièse, mot-dièse ou hashtag selon votre sensibilité aux recommandations de l'Académie Française.

1 - Suivre un hashtag, avec ou sans inscription

Pour cela, rien de plus simple. En partant de la bonne structure d'URL, il suffit de chercher le bon mot-dièse pour votre requête. Par exemple :

https://www.tiktok.com/tag/Nomduhashtagrecherché

Cela vous donne la bonne structure. Nous avons truffé cet article d'exemples en liens hypertexte donc n'hésitez pas à vérifier.

Alternative intéressante : passer par cette bonne vieille recherche Google, comme ici pour #BlackLivesMatter et chercher directement les résultats du site Tik Tok. L'avantage ? On le verra après 😉

recherche veille black lives matter tik tok blog atchik

2 - Suivre l'activité d'un compte

C'est un peu le point de départ... Mais rappelons-le : comme sur Facebook, LinkedIn, Snapchat ou n'importe quel autre réseau social, le meilleur moyen de se tenir au courant de l'actualité d'un compte, ça reste de le suivre ! Pour en dégager des données exploitables par un data scientist, recueillir des chiffres et partager des graphiques, ce n'est pas l'idéal mais au-delà du quantitatif, il y a tout de même la matière... Et dans l'ordre chronologique, ce n'est déjà pas mal. Il suffit donc de se créer un compte (de préférence avec des identifiants qui ne vous compromettent pas en termes de sécurité, inutile de prendre des risques inutiles) et de suivre les profils qui vous intéressent. Grâce à sa version web, TikTok vous permet encore d'échapper à l'installation de l'appli mobile pour cette étape.

 

3- Utiliser Discover

Pour avoir une idée des tendances très globales, Discover reste un bon point de départ. Plus une vidéo fonctionne, plus elle est mise en avant par la plateforme donc les contenus très sollicités ont forcément une chance de vous parvenir... Même si cela, parfois, dégénère totalement.

Capture-tiktok-discover-français-veille-e-réputation-stratégique

Ce que l'on peut faire avec un peu plus d'efforts

 

1 - Automatiser sa veille

Visibrain propose dès aujourd'hui un module Tik Tok ainsi qu'un guide consacré aux usages du réseau social tels qu'on les trouve aujourd'hui. Une véritable solution viable proposée par un outil déjà reconnu pour sa fiabilité sur Twitter, Facebook et Instagram.

Pour le reste, si vous préférez tenter une solution maison... N'essayez même pas de convertir vos URL de recherches par hashtags en flux RSS, cela ne donne rien malheureusement... Et même pas en passant par des outils spécialisés comme Visualping ou ChangeTower. Si vous avez l'intention d'essayer avec WebSite Watcher, n'hésitez pas à nous le faire savoir, nous ne sommes pas allés jusque là mais qui sait, cela pourrait peut-être permettre de contourner la limite imposée par TikTok !

Ceci dit, il vous est encore permis de rêver à une automatisation par deux biais différents :

  • Par ce bon vieux Google : vous vous souvenez de notre exemple de recherche de tout à l'heure, circonscrite avec "site:tiktok.com" ? Il est temps de la convertir en alerte Google et de bien la paramétrer pour obtenir les résultats escomptés, en RSS ou par e-mail.
  • Grâce au seul outil qui revendique la possibilité de suivre un mot-clé sur TikTok actuellement : Brand24. Un test gratuit est disponible, n'hésitez pas à éprouver votre besoin au préalable !

Grâce à ces deux options, la ligne d'horizon des données quantitatives pour une veille Tik Tok commence - enfin - à poindre.

 

2 - Centraliser tout le contenu

A l'heure où sont écrites ces lignes, il s'agit principalement de bidouillage pour cette étape mais si la version web vous permet de mieux travailler pour une veille, ce qui est possible, vous pouvez opter pour une solution radicale. A savoir : consacrer un terminal (une veille tablette par exemple) au sujet que vous souhaitez suivre sur TikTok, puis paramétrer toutes les notifications de l'application sur ce que vous souhaitez après vous être créé un compte à cet effet. Ensuite, vous pouvez faire en sorte de recevoir toutes ces notifications Android sur PC et de les traiter comme de la donnée.

Oui, c'est artisanal... Mais oui, pour un gros projet, cela peut valoir le coup.

 

Ce qui reste hors de portée

J'ai l'impression que tout le monde fatigue alors allons à l'essentiel. En l'état, difficile de compter sur  :

  • Des requêtes booléennes sur les hashtags (autrement que par Google) ;
  • Des recherches sur éléments d'images ou de vidéos ;
  • Un filtrage avancé par langue ou localisation des utilisateurs par exemple ;
  • Une intégration "propre" du contenu, sans passer par les bidouillages décrits ci-dessus.

Compte-tenu de l'enjeu, il y a tout de même fort à parier qu'au-delà du module proposé par Visibrain, d'autres outils de veille parmi les plus réactifs sont actuellement en train d'étudier le sujet. Pour l'instant, et avant que la situation de TikTok ne change, entre montée du concurrent indien Roposo ou menace de fermeture aux Etats-Unis, voici de quoi jeter un œil sans prendre trop de risque sur la plateforme.

 

"Celui qui doit combattre des monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre lui-même. Et si tu regardes dans un abîme, l'abîme regarde aussi en toi". A l'observation du monstre social que devient ce réseau et connaissant les polémiques sur la surveillance et la récupération des données par TikTok, ce mot de Friedrich Nietzsche semble tout à fait adapté aux réalités d'une telle veille, aussi nécessaire que délicate.

 

Steve


juin 17, 2020
Magali Mathieu

RETOUR AUX SOURCES. On vous parle souvent de la modération car elle soulève des points de débats importants aujourd’hui, entre censure et liberté de parole notamment. Mais concrètement, est-ce la même chose sur chaque réseau social ? (suite…)

L'Histoire nous avait habitués à la propagande et à la désinformation : avec l'émergence des fake news et de la "post-vérité", le risque de manipulation de l'opinion a franchi un nouveau cap dans lequel chacun peut jouer un rôle, assumé ou malgré lui. A l'heure de Décodex, l’outil de vérification des informations sur le web lancé par Le Monde, et de la vérification des faits par toutes les rédactions, comment un média ou une marque pourraient-ils négliger l'importance de l'opinion et des idées qui transitent par les commentaires en ligne ? (suite…)

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