Surnoms et sobriquets : la chasse est ouverte !

duckhunt

On le sait bien, les internautes ne manquent pas de créativité pour exposer leurs idées et autres argumentations lors de débats fleuris sur la toile. Clé de voute de ces échanges qui peuvent être musclés, surtout quand la politique au sens large est abordée, les surnoms et autres « nouvelles  appellations » des principaux acteurs qui font l’actualité sont légion. Si l’humour, souvent gras et sans complaisance, est de mise, la problématique engendrée en terme de gestion de commentaires en ligne est, quant à elle, bien réelle. Passée la vague électorale, il est temps de revenir sur le phénomène avant que les hostilités ne reprennent à la rentrée.

Du simple « bashing » …

myriam el khomri
Véritable star des pseudos hasardeux : Myriam El Khomri

Le sobriquet est une arme redoutable dans les écrits comme en société. Combien sommes-nous à volontairement déformer le nom d’un individu ou collaborateur qu’on n’apprécie guère ? Avec un peu (ou pas) d’imagination, le champ des possibles est vaste dans cet arrangement sur-mesure de patronymes.  Ainsi, il n’a pas été rare de croiser des « El Koneri » ou « Konneri » sur les réseaux sociaux au sommet du pic d’impopularité de l’ancienne ministre du travail Myriam El Khomri après, notamment, un passage chez Jean-Jacques Bourdin connu de tous. Dans une certaine continuité, et à l’approche des présidentielles, le noyau dur des communément appelés « anti-gauchistes de base » s’est particulièrement distingué à coups de « Maolenchon » ou « Méchancon » pour fustiger la campagne du candidat de la France insoumise.

…Au contournement de la diffamation

Si les conditions générales d’utilisation (ou CGU) de certaines plateformes empêchent tous débordements d’insultes sous-jacentes citées ci-dessus, ce qui entraîne des actions de modération, des cas plus complexes peuvent apparaître. Ainsi, des associations plus ou moins hasardeuses se retrouvent aux confins de la diffamation, sans pour autant y tomber. Parmi les cas les plus récents, les prétendus arrangements entre l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou et Alain Juppé, candidat des Républicains devenu pour l’occasion « Ali Juppé » ont enflammé certains débats. Il en est de même pour le socialiste Benoît « Bilal » Hamon, jugé par la Fachosphère comme trop laxiste sur la question de l’Islam en France. Quid du nouveau Président de la République, nous diriez-vous ? Si « Napoléon » a eu sa côte peu après la fin des élections, « Jupiter » semble désormais avoir le vent en poupe pour qualifier Emmanuel Macron.

De l’importance des filtres de modération

Mélenchon
De « Méluche » à « Maolenchon »…il n’y a souvent qu’un clic d’écart dans les forums.

Dans le petit monde de la modération, derrière le miroir des internets, la traque des « marionlapine », « cazevide », « macronnard » ont pris le relais des chemins tracés par « Le nain », « flamby » ou « moullande ». Afin de ne rien laisser passer entre les mailles du filet pour les clients les plus à cheval sur une modération stricte, les filtres par mots ou expressions constituent les garde-fous par excellence du quotidien des modérateurs. Garants de l’e-réputation des espaces, ceux-ci trient et regroupent ces multiples expressions récoltées au fur et à mesure pour faciliter le travail des modérateurs dans leurs tâches de tri.

…et du modérateur

À machine ou outil performant, il faut encore – et heureusement – un humain derrière. L’entretien de ces mêmes filtres, sans cesse renouvelés dans les remous de l’information ont pour vecteur, d’une part, une grande concentration à toute épreuve dans cette quête aux nouveaux pseudos, et d’autre part une culture solide, communément nommée « culture du modo » afin de cerner au mieux les analogies entre personnalités et situations entrainant cette cohorte de mots… pas toujours doux !

Un travail d’équipe pour baromètre des tendances

En clair, pour faire face à cette arme de discréditation massive qu’est devenu le sobriquet et dont usent et abusent autant les internautes que certains hommes politiques en pleine campagne, l’expertise d’une équipe aguerrie reste la meilleure réponse. Si une modération de qualité permet de faire la part des choses, elle ouvre dans le même temps la voie à une valorisation des commentaires et des tendances qui les traversent. Ces retours du « terrain » permettent de suivre par exemple l’évolution de l’utilisation de tel ou tel sobriquet ou une courbe des attaques dirigées vers un mouvement ou une personnalité dans le temps.

Denis

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